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Extrait de quelques pages

 

 

« Il ne s'agissait point d'une quelconque tolérance de telle ou telle coutume, mais de la restauration dans l'orthodoxie universelle, du visage légitime, immortel et orthodoxe de l'Occident. »

Eugraph Kovalevsky, 1926

 

 

« C’est uniquement la restauration du Patriarcat orthodoxe de Rome et de l’Église Orthodoxe de France qui peut sauver la civilisation occidentale. »

Eugraph Kovalevsky, 1948

 

 

« La part prépondérante dans la genèse et le développement de l'orthodoxie occidentale a été celle du père archiprêtre Eugraph Kovalevsky. … sans lui, ce qui a été fait n'aurait pas pu être fait. … Voici 18 ans que je connais le père Eugraph et que j'ai pu apprécier, et de très près, l'acuité de son intelligence, sa familiarité avec la culture occidentale, la générosité de son cœur, l'intensité de sa vie spirituelle, son dévouement total à l'Église de Jésus-Christ, son aptitude singulière à attirer les âmes. Les critiques que certains lui adressent proviennent de ce que ceux-là sont déconcertés par la vivacité immédiate de ses intuitions, de ses sentiments et de ses pensées : on est toujours déconcerté par quelqu'un qui a, en quelque sorte, des ailes. Ces ailes n'empêchent pas le père Eugraph de donner aux difficultés pratiques des solutions positives, parfois inattendues, qui se rattachent au don de sagesse plus qu'à l'habileté terrestre, et d'apporter dans les difficultés personnelles un tact et une délicatesse dans le fruit de l'amour. Il n'a jamais cherché, il ne cherche pas à s'imposer ou à assumer une autorité.... Je suis persuadé que Dieu a très particulièrement lié la vocation du père Eugraph et le destin de l'orthodoxie en Occident. »

Père Lev Gillet, lettre au Patriarche Alexis de Moscou, 6 septembre 1946[1]

 

 

« Je n'ai jamais pu et je ne pourrai jamais comprendre POURQUOI a surgi dans la vie de notre orthodoxie occidentale un aussi pénible MALENTENDU (en majuscules dans la lettre) ; pour quelle raison vous leur paraissez comme inadmissible, ou en quoi ils vous trouvent des torts ? Peut-être en prenant en considération certains des actes de votre vie pastorale, qui leurs paraissent trop libres, aux limites des règles canoniques ?

[] Il est possible que LE RÔLE IMMENSE (en majuscules dans la lettre) qu'il vous a été destiné de jouer, inconnu des hommes, mais connu de Dieu, sur le chemin de la Théologie contemporaine – est en fait la raison de tous les malentendus. Les hommes ne veulent pas voir qu'ils vous doivent leurs ascensions en théologie, et Lossky et nombreux parmi les meilleurs théologiens catholiques français. Votre parole ardente très souvent, des réponses d'une profondeur de pensée exceptionnelle, lors des colloques entre orthodoxes et catholiques en France, ont été ce grain qui permit la montée actuelle. Dans de tels cas, les hommes sont toujours portés à ne devoir à aucune personne vivante, mais seulement à leurs propres dons, tel ou tel autre de leurs travaux, ou tel ou tel autre de leurs approfondissements. Vous rendre gloire, en vous reconnaissant leur dû, voilà ce que ne désirent pas les gens.

Je ne suis jamais entré en conversation avec personne à votre propos. Je ne connais pas toutes les circonstances de votre rupture avec nombreux des Parisiens. Mais ce que je vous ai dit plus haut, je le sais, et je prie Dieu que la Force Divine triomphe et guérisse cette plaie dont est atteint le Corps de notre Église.

Votre dévoué en Christ, »

P. Sophrony, lettre à Eugraph Kovalevsky, 12 janvier 1960[2]

 

 

« Que Dieu donne à l'évêque Winnaert de connaître l'amour de Dieu par le Saint-Esprit. Il vient avec ses ouailles de la petite lumière vers la grande lumière de l'orthodoxie.

Qu'ils se réjouissent dans le Saint-Esprit, de garder la Grâce du Seigneur, dans l'Église orthodoxe du Christ. »

Saint Silouane de l’Athos, message à l’évêque Winnaert, 1936[3]

 

 

« À une conférence d'évêques étudiant les affaires de l'Église, j'ai posé à nouveau le problème de l'Église de France. Alors, avec amertume, le métropolite (Anastase) a dit qu'il sentait une lourde responsabilité de ce que nous n'avions pas achevé l'œuvre de l'Église de France, abandonnant ceux qui viennent vers nous. Développant sa pensée, il a dit : "Nous répondrons devant le tribunal céleste, car jamais dans l'Église orthodoxe on n’écarte le fondateur de son œuvre". »

Saint Jean de Shanghaï, lettre à Eugraph Kovalevsky, 7 août 1963[4]

 

 

« Dans toute bonne œuvre, on rencontre beaucoup de difficultés, d'autant plus dans une si bonne et grande [œuvre] que la restauration de l'Église locale orthodoxe – c'est pour cela qu'il ne faut pas vous troubler à cause des divers ennuis et malchances. Que Dieu vous bénisse, ainsi que vos fidèles. »

Saint Jean de Shanghaï, lettre à Eugraph Kovalevsky, 29 septembre 1964[5]

 

 

« Je connais depuis trente ans son fondateur et Président, l'archiprêtre E. Kovalevsky. Je l'ai connu encore jeune homme. Arrivé en France dans les années 20, il y termina ses études profanes et théologiques supérieures (il est actuellement Docteur en Théologie). Dès son jeune âge, il s’adonna à la mission orthodoxe parmi les Occidentaux et à la restauration de l'Église Orthodoxe de France, sans jamais dévier du chemin tracé. Sur la demande des orthodoxes français, il fut ordonné prêtre en 1937 et devint de ce fait chef de la mission orthodoxe parmi les gens du pays. Vous pouvez imaginer combien d'entraves peut rencontrer sur sa route un homme de pareille activité, d’autant plus si s’y ajoute l'incompréhension de la part des frères orthodoxes. Cette résistance se fit jour dans les milieux de l'émigration russe qui, déchirée par ses schismes et préoccupée par ses propres problèmes, était incapable de saisir les nécessités spirituelles des Français. Le dévouement du père E. Kovalevsky pour l'orthodoxie, (sa) vaste connaissance théologique unie à sa connaissance de la culture occidentale, lui conquirent une grande autorité morale dans les milieux français, dépassant les cadres confessionnels. La confiance et l'amour des orthodoxes français se sont manifestés dans son élection unanime à l’épiscopat au cours de l'Assemblée Générale du clergé et des représentants des communautés de l'année 1952. Je soutiens totalement cette décision du troupeau orthodoxe français et je témoigne devant Dieu que l'archiprêtre Kovalevsky est digne de la plénitude du sacerdoce. »

Métropolite Alexandre de Bruxelles, supplique de l'humble archevêque russe de Bruxelles Alexandre à Sa Sainteté, Monseigneur Vincent métropolite de Belgrade Patriarche De Pec et de tous les Serbes, 18 octobre 1957[6]

 

 

 

 

INTRODUCTION

 

Chers lectrices et lecteurs, qui nous faites l’honneur d’ouvrir ce livre, vous y trouverez, couché sur ces quelques pages, le récit de la vie et de l’œuvre d’un homme hors du commun et pourtant méconnu, un homme de Dieu – prêtre, puis évêque orthodoxe – qui s’illustra comme une personnalité à part, incomprise et controversée, bien qu’elle fut incontestablement sainte, dotée par Dieu de dons immenses, et qu’elle fut une des plus actives, des plus fécondes, des plus centrales de l’histoire du christianisme occidental au vingtième siècle – et, selon nous, certainement la plus décisive pour l’avenir de celui-ci, ainsi que pour la destinée des peuples d’Europe. Cet homme se nommait Eugraph Kovalevsky.

 

Placé par la providence divine au cœur de la grande émigration russe des années 1920, Eugraph Kovalevsky eut, très tôt – au sortir de l’adolescence, il n’avait pas quinze ans ! –, l’intuition que Dieu avait permis la dispersion des chrétiens d’Orient en Occident pour le triomphe universel de l’orthodoxie ; qu’il avait permis l’exode des chrétiens d’Orient afin qu’ils transmettent le message lumineux de l’orthodoxie à leurs frères chrétiens d’Occident, et pour qu’ils contribuent à la renaissance du très ancien christianisme occidental.

                                                                                                         

Le contexte historique de l’Occident était celui du lendemain de la Première Guerre mondiale. Une grande partie des peuples de l’Europe cherchaient à refonder leur monde meurtri et ensanglanté sur des bases plus spirituelles et évangéliques que matérielles et économiques ; nombre d’Occidentaux s’employaient à redonner à leur vie une consistance spirituelle que la révolution industrielle et l’évolution des mentalités avaient effacée. C’était l’heure où les Occidentaux quittaient en masse l’Église de Rome, ressentant cruellement le besoin d’une spiritualité renouvelée. La grande réforme protestante avait également fait son œuvre et ses coups avaient beaucoup affaibli l’édifice romain. Seulement, ses enseignements étaient loin d’avoir rassasié les âmes. Sans parler du développement de nombreux mouvements ésotériques toutefois trop insolites pour entraîner sérieusement les peuples.

C’est dans ce contexte de doutes profonds, de recherches angoissées, voire de confusion spirituelle, sur fond de bouleversements économiques et sociaux, qu’Eugraph Kovalevsky eut l’intuition d’une possibilité providentielle offerte aux peuples d’Occident, d’un retour direct, solide et complet au christianisme des origines de l’Europe occidentale. Il acquit très vite la certitude d’une renaissance possible de l'Église chrétienne – « une, sainte, catholique et apostolique » – sur le sol occidental, grâce à l’effort conjugué des chrétiens d’Occident et des chrétiens orthodoxes d’Orient envoyés par Dieu en terre d’Occident.

 

À peine le pied posé sur le sol français, Eugraph Kovalevsky fédéra un petit groupe de coreligionnaires russes, convaincus comme lui de l’existence de cette opportunité providentielle. Ensemble, regroupés au sein d’une Confrérie placée sous le patronage de saint Photius et dans l’obéissance à la hiérarchie ecclésiastique de leur patriarcat de Moscou, ils s’engagèrent, sans tarder, dans cette aventure spirituelle et religieuse, en tout point extraordinaire, de retour de l’Occident, en plein vingtième siècle, à la plénitude du christianisme primitif, c’est-à-dire au christianisme orthodoxe universel.

Mais, c’est seulement grâce à leur rencontre, quelques années plus tard, avec une petite communauté catholique-évangélique dissidente de Rome et animée par une autre figure de sainteté, Mgr Irénée Winnaert, que leur ambition prendra corps et qu’une première véritable communauté orthodoxe occidentale verra le jour sous la responsabilité prophétique du métropolite Serge de Moscou. Et que, ce faisant, la Providence divine offrit à l’Orient orthodoxe de prendre sur ses épaules l’Occident chrétien, tombé à terre, spirituellement blessé – voire agonisant –, pour le ramener à l’unique Auberge. Moment exceptionnel de l’histoire chrétienne contemporaine : l’Église catholique et apostolique d’Orient – que l’on appelle communément : Église orthodoxe –, par le biais de quelques-uns de ses enfants exilés, pouvait donner, aux enfants chrétiens de l’Occident, la possibilité de quitter la haute mer déchaînée de la modernité antichrétienne, pour aller naviguer sur les eaux paisibles de l’Église « une, sainte, catholique et apostolique », Église qui n’était pas, comme on aurait pu le penser un peu facilement, seulement en Orient, mais également enfouie dans le sol même de l’Occident.

 

Retour aux sources ? Mais de quoi était-il précisément question ? Eugraph Kovalevsky et ses compagnons, rappelant l’universalité de l’Église orthodoxe, « la seule, la vraie Église du Christ » qui n’est pas seulement orientale, mais aussi occidentale – « l’Église de tous les peuples de la terre, de l’Orient, de l’Occident, du Nord et du Sud » – désignaient par « retour aux sources », le retour des Occidentaux à leur christianisme d’origine, au christianisme de l’Église indivise du haut Moyen-âge européen dont la tradition orthodoxe est la forme fondamentale et le catholicisme romain une forme dérivée. Par-delà les différences de géographie et d’histoire, les différences politiques, de culture et d’organisation sociale, Eugraph Kovalevsky et ses compagnons visaient le christianisme occidental encore uni à ses Églises sœurs d’Orient. la forme locale de ce christianisme universel d’avant les réformes carolingienne et grégorienne, d’avant la séparation ecclésiastique de Rome et de Byzance ; ce christianisme d’avant les ravages de ce qu’on nommera plus tard le « papo-césarisme » de Rome, et qui fera de cette Église d’Occident une structure plus politique et idéologique que spirituelle, une structure très administrative et centralisée, uniformisée dans ses rites et pratiques ; une Église séparée de son peuple et de ses fidèles, devenue une puissance ecclésiastique tenue par l’autorité d’un chef unique désireux de dominer le monde chrétien, prétendant à la juridiction sur toute la terre et sur l'Église universelle. – Quel contraste avec la divine humilité du Christ !

 

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[1] Reproduite intégralement en Annexe 1

[2] Reproduite intégralement en Annexe 2

[3] Reproduite intégralement en Annexe 3

[4] Reproduite intégralement en Annexe 4

[5] Reproduite intégralement en Annexe 5

[6] Reproduite intégralement en Annexe 6

 

 

 

 

 

 

 

Eugraph Kovalevsky - Vie et Oeuvres Tome 2 : Biographie (suite et fin) à paraître