Commission liturgique de 1968 : Diversité des rites

 

Commission liturgique présidée par Mgr Jean de Saint-Denis présentée au patriarcat roumain.

 

De même qu’il n’y a qu’un seul Esprit et une multitude de dons, un seul Seigneur et une multitude de ministères, un seul Dieu et une multitude d’actions, un seul Corps composé de différents membres, une seule Église rassemblant les Églises-Sœurs, un seul Évangile écrit par quatre évangélistes, une seule Jérusalem céleste aux douze portes ouvertes, une seule race nouvelle, peuple royal unissant les nations avec leurs Archanges et leurs cultures, un seul épiscopat coordonné par un grand nombre d’évêques, de même il n’y a qu’une seule Eucharistie se manifestant dans les temps et les lieux par différents rites et coutumes.

Saint Athanase le Grand, saint Basile le Grand, saint Hilaire de Poitiers, saint Ambroise confessant unanimement le Verbe divin incarné, luttaient ensemble contre l’hérésie arienne, et formant l’Église unique du Christ par leur enseignement, célébraient chacun la divine liturgie selon le rite de leur pays ; Athanase : celui d’Alexandrie, Basile : celui d’Asie Mineure, Hilaire : celui des Gaules et Ambroise : celui d’Italie. Aucun des quatre ne célébra la liturgie dite de saint Jean Chrysostome, les quatre ignoraient le Typicon byzantin formé tardivement. Étaient-ils moins orthodoxes que nous ? Étaient-ils désunis dans la foi ? Étaient-ils séparés par différentes confessions ? N’étaient-ils point orthodoxes ?

Le rite romain en sa forme traditionnelle – pour ne citer que lui – est aussi orthodoxe que le byzantin, car il fut celui de saint Grégoire le Grand, de saint Léon le Grand, de saint Benoît, de la nuée des martyrs et des saints inscrits dans le calendrier orthodoxe. Sa non-Orthodoxie réside en certaines déviations survenues ultérieurement, telles que l’ajout du « Filioque », la négation de l’action du Saint-Esprit dans la transformation du pain et du vin en Corps et en Sang du Seigneur, la privation de la coupe pour les fidèles, l’introduction d’éléments rituels et des fêtes liturgiques que la Tradition ininterrompue peut contester etc… Un problème analogue se pose pour les rites coptes, arméniens et autres. Notons que celui des Gaules échappe théologiquement à ces difficultés.

En résumé, l’Église orthodoxe, étant l’Église vraie du Christ, la continuatrice de l’Église indivise, reconnaît la diversité des rites et des coutumes dans l’unité de la foi.