Homélie du 30 novembre 1969 - troisième dimanche de l'Avent

 

Nous sommes à 1 mois de la naissance au ciel de Mgr Jean.

 

Epître : Ro 13, 11-14 ; Evangile : Luc 21, 25-33

 

En même temps, je dois vous annoncer la naissance au ciel de notre Roger,comme l’appelaient clochards, René. Il est parti aujourd’hui à huit heure quarante cinq ce matin.On attendait déjà son départ, mais quand il aura l’enterrement, on va savoir aujourd’hui, demain certainement mardi ou lundi.

 

Au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit Amen

Cet Evangile d’aujourd’hui, on peut dire qu’il est (le) dernier accord de tous les Evangiles et instructions du Christ sur la fin des Temps. Il précède par d’autres instructions. Il parlait de faux prophètes, des guerres, de diminution de la foi, de diminution de la charité, des tremblements par-ci par-là. Et notre Seigneur disait : « quand vous verrez ces choses, ce n’est pas encore la fin ». Cette fois ci, Il parle de moment définitif de notre siècle, de notre monde actuel, avant le monde transfiguré, des cieux nouveaux et la terre nouvelle, avant ce jugement, ce renversement total de l'univers et de l'humanité ; et ce dernier accord avant que le Fils de l'homme viendra avec gloire, avec multitudes de Saints sur la nuée, il y aura deux choses à souligner : l’angoisse, la crainte, et bouleversement pas seulement de notre système solaire, mais de tout l’univers. Car l'Evangile dit clairement : « signes dans le soleil, sur la terre, dans la lune » mais aussi « toutes les étoiles seront ébranlées dans leurs courses ». Et cette expression montre que ce n'est pas une catastrophe, bouleversement localisé à notre système solaire, ou à notre terre encore moins, mais elle sera cosmique, universelle.

Mais cet Evangile continue, ayant tracé ce bouleversement universel et préparé déjà par des troubles entre les nations, entre la perte de la foi, perte de la charité, entre la haine entre les uns les autres, ayant décrit tout ceci, le Christ ajoute ; « C'est le printemps ! ». Aujourd'hui, vous avez entendu de dire « Relevez votre tête, car la délivrance est proche ». Et après, je dois comparer ces troubles avec le printemps déchaîné, vous verrez, vous serez que l'été éternel est proche. Il compare le monde transfiguré, le monde futur, avec l'été qui apporte des fruits, car vraiment – et ici je veux arrêter votre attention – vraiment l'homme apportera , et l'univers, des vrais fruits dans cet état quand le monde sera transfiguré. Et si, actuellement, tout ce que fait l'humanité, avec ses civilisations, cultures et même démarches spirituelles, n'est que des feuilles. Les vrais fruits, la vraie création, sera après le Dernier jugement. Toutes nos actions, toutes nos démarches sont genre de pré-symbole. Toutes les conquêtes de l'homme, dans le meilleur sens, ne sont que des prophéties de ce que sera vraiment l'homme déifié, quand il ressuscitera le dernier jour, et quand notre corps périssable sera le corps impérissable.

Si on revient dans cette même perspective, dans un plan beaucoup plus limité, notre destin. Vous savez que, avec la diminution de la foi dans le monde - pas encore de la charité, il viendra après, avec les faux prophètes qui séduisent, les fausses idéologies, montent déjà ce qui dit aujourd’hui dans l’Evangile: l'angoisse dans l'humanité. Plus on organise confortablement l’humanité sans Dieu, plus intérieurement l'angoisse grandit dans les êtres humains; et aucune méthode, thérapeutique, psychanalytique, ou autre, ne libérera pas de cette angoisse jusqu'à la mort qui va grandir dans l’humanité. Comment répond notre Seigneur à cette angoisse qui saisit le monde, et à laquelle nous pouvons participer aussi ? car je (re)connais que nous pouvons avoir nous les chrétiens, et-de ces angoisses avant les athées. Mais Il dit: « Relevez votre tête car votre libération est proche ». Opposer à cet état d'angoisse une certitude, flageller votre angoisse, trouble, inquiétude qui est en vous et dans le monde, par cette...oui, attitude d'un homme qui élève la tête dans la sûreté de la proche Avènement, de la proche libération, de la proche victoire du Christ, en nous et dans le monde.

Il est curieux de constater que des chrétiens ne vivent pas consciemment l’enseignement du Christ. Les uns sont dans la panique, et se jettent à droite à gauche pour sauver l'Église, pour sauver notre religion en disant : « mais où allons-nous ? ». Admettons l'athéisme grandit, on oublie Dieu. Les autres..., ô les autres, il y (en) a si peu qui sont dans la paix lucide, éclairés par les paroles de l’Evangile. Une autre réflexion. Le Christ dit: « La terre et le ciel passeront, mais mes paroles ne passeront pas ». Nous vivons plus selon la terre et le ciel, matérialistes, spiritualistes, que de la Parole de Dieu. Nous ne réalisons pas que le Verbe a créé le monde. Même, regardez dans ce reflet, un petit reflet du Verbe créateur de la Parole divine, par qui tout a été fait, rien n’a été fait sans Lui,... réalisez dans cette image ce reflet dans l'être humain : notre pensée demeure et l'œuvre de notre pensée passe. Chaque fois, quand je prends une voiture, je dit : la pensée qui a créé cette machine demeure mais la machine va passer et se détruire. Quand nous avons vu les astronautes monter dans la lune, les instruments et même leurs exploits passent, mais la pensée qui a créé, a donnée la possibilité d’aller dans la lune demeure. Si notre pensée demeure, le Verbe, Pensée, Parole du Père ne passera pas ! Alors, devant les événements du monde, devant tout ce qui se passe dans notre vie personnelle ou universelle, scrutons derrière les événements la Parole divine. Ne soyons pas peureusement attaché ni au ciel ni à la terre mais à la Parole Divine par qui tout a été fait et rien n’a été fait sans Lui.

Voila mes amis mes quelques réflexions sur ce dimanche de l’avènement. Le prochain dimanche nous allons axer notre regard surtout sur la venue du Christ sur la terre et avec Jean Baptiste nous allons préparer le chemin et aplanir les montagnes.

Et voilà pourquoi, pour terminer, je vous appel de purifier votre cœur pendant ces semaines avec la confession et intérieurement vérifier votre âme pour entrer dans la joie de Noël avec le cœur purifié, ayant reçu le pardon du Christ, amen.